vendredi, juillet 01, 2005

Werchter 2005, jour 2

Le réveil est sans doute le moment le plus pénible de la journée. En particulier pour le festivalier, et spécialement pour nous. Il y a 8 heures, nous étions des héros invincibles triomphants des forces de la nature afin de porter haut les couleurs de la fête. Nous sommes en ce matin du vendredi 1 juillet de pauvres migraineux criant famine, l'humidité est partout présente. Les vêtements totalement détrempés jetés dans la tente lors de notre retour victorieux ont contaminé tout ce qui était encore sec.
Il est des matins douloureux, où l'envie d'uriner, le besoin d'une aspirine, la recherche de vêtements secs sont autant de bonnes raisons de décourager le plus valeureux festivalier.
En ce matin du premier juillet 2005 est né un autre "souvenir de festival". L'instant fatidique où j'ai du mettre mes pieds dans des chaussures desquelles venait de s'échapper 1 centimètre d'eau. Savoir que mes pieds allaient essayer de vivre dans ces chaussures pendant les 3 jours à venir.
Et bien le plus difficile, c'est de mettre le pied dans la chaussure. Ensuite, on s'y fait!

Vers midi, ce vendredi, nous nous dirigeons vers le site du festival. Les quelques minutes de marche qui nous en séparent nous permettent d'admirer les dégâts causés par la tempête la veille. Les héros sont fatigués, usés. Leur campement bien endommagé. Les tentes situées le long des chemins sont couvertes de boues, et certaines détruites. Les mines sont peu souriantes, tout est humide, la boue est partout. Au début, on l'évite, ensuite on s'y résout.
S'en suivi un repos mérité, sur le site du festival. Des artistes essayent tant bien que mal de nous divertir, ils serviront de fond sonore l'espace de quelques heures. Nous nous ravitaillons, reposons, essayons de sécher quelque peu. Nous échangeons nos impressions sur cette soirée mémorable.

Le premier concert qui arrive à obtenir de ma part le consentement de la position debout est le show de Within Temptation.
Within Temptation est un groupe qui produit une sorte de soupe métallo-esothérico-gotho-pouffique au mauvais goût hollandais sur fond de décor sans doute dérobé à un parc d'attraction en faillite. Leur mélodie et leur show pyrotechnique sont étudiés afin de capter l'attention de festivaliers en phase de digestion, et ça fonctionne. Ce show émerveille les puceaux de festivals qui ont survécu à l'épisode précédent et agace ceux qui ont déjà vu cette performance plusieurs fois, étant donné que Within Temptations est présent sur énormément de festivals (ou alors, ils me suivent)

Le reste de l'après midi et le début de soirée ont étés rythmés par des groupes de remplissage. J'appelle groupe de remplissage des groupes au passé et à l'avenir incertains qui ne sont connus que par ceux qui les connaissent, qui hantent les festivals afin de tenir éveillé le spectateur et faire monter la tension pour la tête d'affiche.
J'écoute en général deux chansons de ces groupes, suite à quoi je me rassied et repars dans mes pensées, accompagné d'un fond sonore parfois musical, ce qui ne m'empêche nullement de profiter de l'instant.
Beaucoup seraient heurtés de voir ainsi qualifiés des groupes comme Garbage, Vervet Revolver, The Kills, etc..., mais c'est ma vision des choses, ma façon de vivre un festival. Ce sont des groupes que j'ai déjà vu plusieurs fois, le plaisir de la découverte n'y est plus. Pour certains, j'apprécie leur musique, mais je ne la vis pas intensément. J'aime ces après midi faites de groupes de remplissage, c'est pour ça que je vais en festival.

Vient ensuite le tour de Greenday. J'écoutais ça dans mon adolescence, c'est à dire il y a 10 ans. C'est un sentiment étrange de voir arriver un groupe pour lequel on a économisé l'argent nécessaire à l'achat d'un CD à ses 15 ans, et qui a connu quelques années de galères. Un groupe qu'on avoue avoir aimé et qu'on avoue aussi avoir un peu oublié. Que sont-ils devenus? Et surtout pourquoi l'organisation du festival leur a t'elle octroyé la tranche la plus grande du programme des 4 jours : 2 heures de concert?
Et bien Greenday nous a donné la réponse. Un show plus qu'agréable, parsemés de très bon moments, où les tubes oubliés s'enchaînent, où les souvenirs de mes 15 ans refont surface, avec quelques bonnes surprises, merci Greenday!

Faithless est en tête d'affiche, ce soir. Déjà présent en 2001 pour un show qui est devenu une légende à Werchter, toute la plaine, soit environ 60.000 personnes, bondissants simultanément sur leur tubes. J'ai attendu avec impatience de voir Faithless il y a un an, au Pukkelpop 2004 et ils m'y avaient fortement déçu. De quoi cette soirée sera faite?
Et bien j'ai adoré. Ils ont prix leur revenche sur leur concert de Kiewit, je les pardonne. Un très bon show, que je place dans la même catégorie que le spectacle des Chemical la veille, qui a aussi fait naître en moi un peu de folie. J'espère que le spectateur qui a reçu un verre de bière sur la tête me pardonnera un jour, mais j'avais envie de voir mon verre voler au dessus de la tête de quelques milliers de personnes, de voir ces quelques gouttes de bière jouer avec la lumière diffusée par les spots, et surtout je n'avais pas envie que cette pintje m'encombre pendant un des moments magiques de ce festival : le jump d'Insomnia.
Maxi Jazz est captivant, le blanc de ses yeux hypnotise une foule de 60.000 personnes, sa voix provoque des frissons, pendant une heure et trente minutes, ce mec a été un dieu.

Aucun commentaire: